Lors de notre dernier pèlerinage diocésain à Notre-Dame de Lourdes, nous avons pu nous rendre compte qu’un nouveau pallier avait été franchi dans la baisse de nos effectifs. La célébration du 150e anniversaire des apparitions en 2008 a été une bouffée d’oxygène, mais pas le catalyseur que nous aurions souhaité. Le coût, la conjoncture économique, la surenchère des activités, le désintérêt pour les pèlerinages, la peur du changement (hôtellerie, transport…) sont probablement des raisons de cette désaffectation. Bien évidemment, nous avons l’obligation, chacun dans nos « groupes », de nous battre et de trouver les moyens et les ressources nécessaires afin d’inverser cette tendance. La tâche n’est pas aisée.
Pourtant, par expérience, nous savons que, pour bon nombre d’hospitaliers, Lourdes est vécu comme un appel, cette attirance devenant peu à peu un besoin. Et toute absence plonge chacun d’entre nous dans l’amertume et la tristesse. Assister au départ et suivre les célébrations sur internet sont de bien maigre consolation. À Lourdes, c’est le premier pas qui coûte. Si ça passe, on est gagné par ce besoin indéfectible de revenir, que certains vivent comme un véritable sacerdoce.
C’est pourquoi, il est important que notre jeunesse participe, mais pas seulement pour faire un essai, vivre une expérience, pour dire « je l’ai fait une fois » ou nous donner bonne conscience. Il s’agit de venir dès son plus jeune âge en famille, avec ses parents, ses grands-parents, des oncles et tantes, ou bien encore des cousins, afin de créer un lien intergénérationnel et de fertiliser ce besoin de venir en aide à ceux qui souffrent de handicaps. C’est ainsi que la notion d’engagement, c’est-à-dire se mettre au service des autres dans la durée, prend tout son sens.
Comme ailleurs, nous devons favoriser ces « vocations », afin que nous puissions renouveler les Hommes, mais aussi les idées, et décloisonner les groupes afin que le pèlerinage à Notre-Dame de Lourdes puisse se maintenir et continue d’être vécu comme la communion du diocèse.
Pierre Bonnerue
Président de l'Hospitalité de Sens-Auxerre