Pour le biologiste, il s'agit de lipides, pour le cuisinier, il s'agit d'un condiment ; le mécanicien l'utilise pour que les engrenages tournent « rond » ; quant à votre médecin, il vous dira : « surtout pas de trop dans votre analyse de sang !».
Mais pour les croyants que nous sommes, pour nous qui avons mis le Christ au cœur de notre vie, ces huiles sont le signe de la consécration d'un être à Dieu. L’huile a, de tout temps, fait luire les visages (Ps 103, 15), elle servait aussi pour s'éclairer. Matthieu au chapitre 25 rapporte la parabole des 10 Vierges. Toutes avaient pris une lampe mais seulement 5 avaient l'huile. L’huile est symbole de joie (Ps 44, 8). Pénétrante, elle est aussi symbole de beauté. L’huile est encore l’onguent qui calme les douleurs. Lors de notre retraite à la Pierre-Qui-Vire, Monseigneur Patenôtre nous a parlé du vitrail de la cathédrale de Sens illustrant ce passage de l’Évangile de Saint Luc au chapitre 10. Dans la parabole du bon samaritain, celui-ci utilise de l'huile pour panser les blessures de l'homme tombé aux mains des bandits.
Présente au cœur de la parole de Dieu, l'huile se fait présente aujourd'hui dans les sacrements de l’Église et au cœur de notre vie de croyant. Elle vient faire « tourner rond » les rouages de notre corps et de notre esprit. Elle vient pour se donner à nous dans la paume des mains, parfois sur le dessus, ou bien sur le front. Elle vient pour se donner à tous, aux catéchumènes, à l'ordinant, aux baptisés, aux confirmés. Aux malades aussi, elle donne douceur et apaisement. Douceur de Dieu, apaisement du cœur et de l'esprit.
Tel est le don de Dieu pour chacun.
Alors que mardi prochain, nous allons vivre la messe chrismale, et la bénédiction de ces huiles qui serviront pour l'année à venir, nous serons nombreux de l'Hospitalité à nous retrouver dans la cathédrale d'Auxerre. Certes nous ne serons pas avec les pèlerins malades que nous emmenons à Lourdes mais au moment où Monseigneur Giraud procédera à la bénédiction et à la consécration des huiles, chaque Hospitalier pourra porter dans sa prière une personne malade qui peut-être, dans l'année, bénéficiera de la douceur du Père au travers de l'huile pour que : "les dons de l'Esprit Saint soient largement répandus."
Florent
« Si l’un de vous est malade, qu’il appelle ceux qui exercent dans l’Eglise la fonction d’Anciens : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. »
Epître de Saint Jacques 5,13-16
